Cette année, le salon Whisky Live Paris 2019 a ouvert ses portes dans les halls de la Villette avec toujours plus d’exposants, de nouveautés et de superbes Masterclass qui méritent d’être suivies. Les surprises que ce soit pour les amateurs ou passionnées étaient au rendez-vous et on manque du temps afin de sillonner toutes les allées du salon.

Cette année, à la Rhum Gallery, 29 stands venus de tous les horizons nous attendaient de pied ferme pour présenter les nouvelles gammes ainsi que les gammes actuelles. Ainsi, Neisson nous avait surpris la veille du salon en annonçant la prestigieuse Cuvée Sasha 2003 limitée à 500 exemplaires dans le monde dont 95 pour la France. La particularité ? Un magnifique coffret fabriqué main orné par une illustration d’animal réalisé à la main par l’artiste Philippe Baudelocque. Autre nouveauté et bien plus abordable, la cuvée Neisson single cask Le Chai 2015 décliné 2 versions : standard 45% et brut de fut 54.7%. On continu du côté de la Martinique avec un J.Bally Millésime 2008 43% en finition d’anciens fûts de Bourbon. Plus rond, plus gourmand, il vient parfaitement s’intégrer dans la gamme même si j’ai une préférence pour la version Millésime 2000 ou 2002 bien plus intense au palais.

Coté Caraïbes, Mezan a présenté sa nouvelle édition Jamaica 2000 mais j’ai surtout été bluffé par leurs gamme « classique » très bien aboutie et très abordable. L’Edition Trinidad 2003 pour son coté épicé, citronné et boisé, ainsi que l’Edition Belize 2008 pour son coté plus exotique et fruité, sont pour moi les plus belles éditions. Chez l’embouteilleur indépendant That boutique-y rum company, point de nouveauté mais en revanche les cuvées Foursquare, O’Reizinho et Caroni valent vraiment le détour. Extrêmement bien aboutis, complexes et suaves.

Le stand Vélier a lui aussi eu un grand succès (peu étonnant), en nous proposant plusieurs nouveautés. Venant de la région de Clarendon Parish, une édition MMW Wedderburn 11ans 2009 ainsi que le EMB Plummer 14ans 2005 sont tous deux décliné en 2 vieillissement distinct : tropical à la Jamaïque ou continental en Europe. Ainsi, les produits de base restent les mêmes et seuls les vieillissements diffèrent pourtant. Cela est assez intéressant et mine de rien apporte beaucoup de nuances au produit fini. Le Savanna 1999 sort également du lot avec de belles notes épicés, chocolaté ainsi que sur la fleur d’orangé pour finir sur le bâton de réglisse, la fève de tonka et le curcuma.

Et bien évidemment qui dit Vélier, rime avec Caroni non ? Les 2 nouveaux Caroni Guyana 23ans 1996 en version « The Last » et « Tasting Gang » ont été présenté à la dégustation. La version The Last est le dernier embouteillage provenant de l’important stock découvert par Luca Gargano et est composé uniquement de Heavy rhum. Quant à la version Tasting Gang, il est composé de Light et de heavy rhum. Pour finir en beauté sur le rhum traditionnel, Le New Yarmouth 13ans 2005 The Wild Parrot sort du lot en proposant une magnifique bouteille, à la fois esthétique que gustative. Ce Jamaïcain overproof de 14ans est doté d’un tel équilibre, les notes dynamiques d’esther typique du jamaïcain laisse place à de belle notes de vanilles, bananes flambées, muscade et florales, sans altérer les notes plus subtiles. De longues heures de dégustations sont nécessaires pour en faire le tour.

Coté Whisky, j’ai beaucoup aimé la distillerie Américaine Westland. Situé à Seattle, ils disposent d’un climat très bénéfique pour la culture de l’orge, ils utilisent l’eau cristalline de la région et également le bois de leurs forêts pour les fûts. Authentique et local, j’adore ça. La gamme se compose d’un single malt américain constitué d’orge de production local, d’une version sherry wood et d’une version peated. Etonnant en sachant que seul 30% des Américains sont friands de la tourbe, cependant celle-ci est très aboutie et fortement efficace.

Du côté du Soleil Levant, Nikka sort 2 versions sherry cask en édition limitée : Miyagikyo et Yoichi 2019, tout 2 très racés et élégants. Chichibu annonce quant à lui un nouveau malt sobrement appelé Chichibu Paris Edition 2019. Issu d’un assemblage de sept fûts (1 Mizunara chêne japonais et 6 bourbon barrels) âgés de plus de six ans, il s’agit d’un très beau malt floral, fin, élégant, mentholé, sur de belles notes de tabac et café.

Quand à nos amis Ecossais, les nouveautés coulaient à foison. Tout comme l’an dernier avec leurs éditions Vintage 2008, Edradour et Ballechin ont à nouveau sortie une série un peu inédite en Jamaican rum cask finish (venant de Worthy Park). Honnêtement, cela marche très bien, cela fait jaillir des notes fruités d’ananas, de citron, de miel, de banane avec ce côté légèrement fumé et médicinal. Les amoureux de sherry seront comblés par l’arrivée de l’Aberlour 17 ans First Fill Sherry Hogshead, qui pour moi était une petite bombe. Très rond, très gourmand voir même (trop ?) liquoreux.

 

 

Chez Douglas Laing, l’édition Big Peat Christmas était une fois de plus au rendez-vous pour la version 2019. Très tourbé, très végétal, beaucoup moins charbonneux et fumé que ses prédécesseurs (et avec regret). La surprise était plutôt l’Epicurien Edition Paris créé par des bartenders Français et limité à 600 bouteilles pour la France uniquement. Autrement, Bruichladdich en à profiter pour présenter la nouvelle série 10 Octomore, le nouveau Black Art 7.1 ainsi que le Bere Barley 2010 et Organic 2010. De magnifique cuvées, qui valent toutes le coup d’être déguster. Authenticité écossaise, fraicheur, minéralité et tourbe sont au rendez-vous. Dans la même ligné, le magnifique Ardbeg 19 ans a été présenté et impressionnant par son équilibre, sa puissance et se belle bouche chocolatée et fumée.

Pour terminer, si je devais parler de coup de cœur de ce salon, je vous évoquerai également l’embouteilleur indépendant Sansibar avec leurs magnifique gamme Highland Park 19 ans, Tomatin 25 ans, Springbank 18 ans et Benriach 19 ans qui valent vraiment le coup d’être dégustés, alliant force, équilibre, fraicheur et gourmandise.

Pour finir, l’embouteilleur Spirit Shop Selection, tout aussi bien étoffé, avec de superbes étiquettes au style fresque japonaise. Si je devais en retenir quelqu’un, ce serait le Ledaig 2005, le Caperdonich 1994, le Port Charlotte 2004 et le Dalmore 2009 qui sont tous extrêmement complexes et bien finis.